Morez

Morez

Passeur de mémoire et de savoir-faire entre les générations de lunetiers et d'opticiens du Jura, le musée de la ville de Morez s'affirme comme un lieu vivant où se côtoient les témoignages et les idées futuristes. Le musée recèle aussi dans son écrin une collection de peintures françaises et hollandaises du 17e au 19e siècle.

Au XVIe siècle, les premiers habitants de la Combe Noire sont descendus des villages voisins pour y installer des moulins sur les bords de la Bienne.

Ces moulins sont ensuite remplacés par un chapelet de martinets de forge, de clouteries et de scieries, utilisant l'énergie hydraulique. La famille Morel serait la première à s'y installer, elle laissera son nom à la ville de Morez.

L'arrivée de la route au XVIIIe siècle favorise l'économie.

Morez devient une commune à part entière en 1776, et se développe au XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle du fait de son essor industriel important centré sur la métallurgie : tréfilerie, clouterie, horlogerie, émaillerie et lunetterie.

Au XXe siècle l'industrie se spécialise dans la lunetterie.

Jean-Marc Olivier, historien ayant étudié le phénomène d'industrialisation spécifique au bassin morézien, a mis au jour le concept d'industrialisation douce. Il s'arrête notamment sur la succession de trois cycles techniques entre 1750 et nos jours : ceux de la clouterie, de l'horlogerie de parquet (horloges comtoises), et de la lunetterie (1880 à nos jours).

La fabrication des clous est une des premières industries locales. A l'origine, plusieurs martinets, actionnés par des roues à eau, sont situés au bord de la Bienne.

A partir de la fin du XVIIe siècle, l'horlogerie se développe dans la région de Morez (les frères Mayet à Morbier). La production d'horloges comtoises reste artisanale jusqu'au XIXe siècle, la production devient alors industrielle et dépasse 100.000 pièces par an dans les années 1850.

Si l'horlogerie morézienne bénéficie bien du voisinage suisse pour obtenir la technique de l'émail en 1777, elle reste techniquement indépendante.

Aux XIXe et XXe siècles, Morez et Morbier sont aussi un centre important de production d'horloges monumentales.

En 1796, un cloutier, Pierre-Hyacinthe Caseaux a une idée : il utilise du fil de métal pour fabriquer des bésicles. C'est le début de la lunetterie morézienne, qui connaît son essor au milieu du XIXe siècle.

La tradition industrielle de Morez et le savoir faire local justifie le label Ville et Métiers d'Art. Ce label regroupe une sélection de soixante-trois communes en France.