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Morvan

Morvan

Le Morvan, ilot granitique au coeur de la Bourgogne calcaire est devenu, par la volonté des hommes qui l'habitent, un des 40 Parcs Naturels Régionaux de France.

Son relief offre la possibilité de pratiquer une multitude d'activités de pleine nature: randonnées, chasse et pêche...

Terre de prédilection pour les randonneurs (3600 kilomètres d'itinéraires balisés) et les adeptes des sports d'eaux vives, elle offre la beauté sauvage des espaces naturels préservés.

Mais le Morvan est aussi une terre de gastronomie où l'on peut apprécier la grande cuisine française dans des établissements renommés ou des auberges pleine d'authenticité.

HISTOIRE:

Époque gallo-romaine

Plan d'ensemble de l'oppidum de BibracteLe Morvan possède une histoire riche principalement héritée de l'époque gallo-romaine. Cette histoire est encore visible à travers le site du Mont Beuvray à cheval entre la Nièvre et la Saône-et-Loire.

En -52, une ville nommée Bibracte se trouvait sur le Mont Beuvray (821 m). Cette ville, capitale de la tribu gauloise des Éduens est devenue célèbre lors de l'invasion de la Gaule par Jules César. C'est ici que les tribus gauloises décidèrent de structurer leur défense en se regroupant derrière un seul chef, Vercingétorix. Le Mont Beuvray est désormais un site de fouilles très important. Les archéologues ont mis au jour des maisons et des murs d'enceinte de Bibracte et tentent de définir quelle était la vie des Gaulois. Le musée de la civilisation celtique, construit à proximité des lieux de fouilles présente entre autres le résultat des recherches à Bibracte.

Articles détaillés : Bibracte et Bataille de Bibracte. Après l'invasion romaine, Bibracte est abandonnée au profit d'Autun située à une vingtaine de kilomètres. Si Bibracte est une cité purement gauloise, Autun a au contraire été bâtie à la volonté de l'empereur romain Auguste. Haut lieu du monde gallo-romain, on peut encore y admirer un temple dit de Janus (déformation du lieu-dit La Génetoye), l'enceinte antique de la ville et deux de ses portes (Porte d'Arroux et Porte Saint André), ainsi qu'un immense théâtre qui pouvait, à l'époque, accueillir 20 000 personnes.

Temps modernes
Le Morvan est aussi le pays de Vauban : il y naquit en 1633 et y vécut durant son enfance.

Époque contemporaine
À partir du milieu du XIXe siècle, le Morvan a connu une profonde évolution. En 1858 a en effet été créé le lac des Settons pour permettre le flottage du bois, et alimenter Paris en bois via la Cure et l'Yonne, puis après les inondations de Paris de 1910, il fut décidé de réguler le débit de la Seine grâce à des retenues d'eau. De ce projet sont nés les lacs de Chaumeçon, Saint-Agnan, du Crescent, et l'important lac de Pannecière et son barrage hydro-électrique.

Le Morvan, pays pauvre d'un point de vue agricole, a durant la même période été obligé de développer des activités connexes aux travaux de la terre. Ainsi, au côté du flottage du bois, se sont peu à peu imposées deux activités devenues emblématiques de ce massif : les nourrices morvandelles et les galvachers.

La Maison Vauban à Saint-Léger-Vauban

Le Musée de la civilisation celtique de Bibracte. Le Morvan dispose d'un écomusée regroupant 7 maisons à thèmes dispersées dans diverses communes du massif :

la Maison du Seigle à Ménessaire
la Maison des Galvachers à Anost
la Maison Vauban à Saint-Léger-Vauban
la Maison de l'élevage et du Charolais à Moulins-Engilbert
la Maison des Hommes et des paysages à Saint-Brisson
la Maison du Patrimoine Oral à Anost
la Maison des enfants de l'Assistance Publique et des nourrices à Alligny-en-Morvan
Article détaillé : Écomusée du Morvan.On trouve également d'autres musées propres au Morvan comme le musée de la Résistance en Morvan à Saint-Brisson, le musée de la civilisation celtique à Saint-Léger-sous-Beuvray ou le musée du Costume et des Arts et Traditions populaires du Morvan à Château-Chinon (Ville).

Il existe également le musée du Septennat de François Mitterrand à Château-Chinon (Ville) ainsi que le muséum d'histoire naturelle d'Autun à Autun.

Sentiers de randonnées
Le massif dispose de nombreux sentiers et parcours de randonnées pédestres, équestre et à VTT.

On note entre autres les sentiers de grande randonnée suivants :

le GR 13 qui traverse le massif du Morvan du nord au sud ;
le GR de Pays Tour du Morvan qui permet de faire le tour du massif ou de le traverser d'est en ouest ;
le GR 131 qui relie le Mont Beuvray à Autun ;
le chemin Bibracte-Alésia qui relie les oppidums gaulois de Bibracte et d'Alésia.

Culture et traditions populaires

Le Morvan en musique

Vielle à roue La musique du Morvan se rattache à une aire culturelle qui englobe tout le centre de la France (Berry-Bourbonnais-Nivernais) et se caractérise par un répertoire ayant subi une forte influence de la musique auvergnate de Paris.

Les instruments de musique traditionnels
L'accordéon diatonique et l'accordéon chromatique : malgré leur arrivée tardive au début du XXe siècle, ils font partie des instruments les plus populaires et les plus utilisés pour la musique traditionnelle morvandelle.
La vielle à roue : tout comme l'accordéon, c'est l'un des instruments les plus répandus en Morvan.
La cornemuse (ou « Panse d'oueille » ou Zuarne) : après avoir quasiment disparue après 1950, le nombre de joueurs de cornemuse est nouveau élevé dans le Morvan depuis la fin des années 1980.
Le violon : alors qu'il était très présent sur l'ensemble du massif et ses pourtours, il est aujourd'hui moins répandu que les précédents instruments et est surtout présent dans les secteurs ou la vielle l'est moins, c'est-à-dire dans le nord du massif.
La Morvandelle
Dans cette région pauvre qui nourrissait mal ses enfants, la vie était difficile. Les morvandiaux traduisaient en chanson leurs conditions de vie.

La Morvandelle est un texte relativement récent, puisqu'il fut écrit en 1903 par le poète Maurice Bouchor, à la demande de l'Amicale des instituteurs de la Nièvre. La mélodie est une vieille chanson morvandelle : « le galant d'lai Nan-nette ».

Cette chanson, emblématique du Morvan, évoque un pays pauvre et rude, mais fier de sa liberté. Elle déplore que Paris leur prenne femmes (les nourrices morvandelles étaient réputées) et bois (les bûches du Morvan partaient par l'Yonne et la Seine en bois de chauffage).


Habillement traditionnel et folklorique
Les tenues traditionnelles ne sont aujourd'hui guère portées hormis lors de manifestations folkloriques et fêtes de village. Leur utilisation a néanmoins perduré jusqu'au début du XXe siècle.

À la campagne
Le paysan morvandiau portait généralement un pantalon surmonté d'une « biaude » : un blouse, généralement bleue et qui arrivait à mi-cuisses pour les cultivateurs. Les vendeurs de bétail portait quant à eux une « biaude » grise ou noire qui tombait jusqu'aux genoux.

Il portait également la « colmelle » : un chapeau de feutre noir à bords plus ou moins larges, ainsi qu'un foulard rouge noué autour du cou.

Il se chaussait de sabots en bois verni qu'il portait pieds nus.

À la ville
D'autres habits étaient portés pour les jours de fêtes, ou plus généralement par les citadins. Les hommes portaient alors un pantalon à pont, habituellement de couleur sombre (noir ou gris) ou bien blanc pour les jours de fête, fait en poulangis (étoffe nivernaise analogue à la serge ou à la tiretaine).

Ce pantalon était accompagné de guêtres, également en poulangis le plus souvent, remontant jusqu'au genoux et retenues habituellement par un fil de laine.

Le tout était surmonté d'une veste. Ce pouvait être une « dômaire » (ou daumière), une longue veste colorée fendue formant des basques larges tombant jusqu'à mi-cuisses. On trouvait également la « c'miyôle », une veste courte et colorée.

Gastronomie

La gastronomie traditionnelle du Morvan est issue essentiellement des ressources produites par les fermes au XIXe et du début du XXe siècle : vache, porc, volaille, pomme de terre, lait et œuf.

Le Morvan étant un « pays rude », la nourriture se devait d'être simple et consistante. Les mets sont donc souvent très gras et basés sur de la charcuterie. On produit notamment le « jambon du Morvan » et les « terrines du Morvan » dans les environs de Château-Chinon, Arleuf ou Onlay.

Le Morvan produit également deux fromages : le « Saint-Alban » et le « Fin Morvan ».

Les plats typiques que l'on pourra trouver sont :

La potée bourguignonne : échine de porc cuite à l'eau durant de nombreuses heures avec des légumes d'hiver (chou, carottes, pommes de terre, navets, oignons) ;
La galette aux griaudes (ou brioche aux griaudes) : brioche salée à base d'œuf, de farine, de lait, de levure et de lard de cochon poêlé ;
Le crapiau morvandiau : crêpe salée à base d'œuf, de farine, de lait et de lard de cochon poêlé ;
La rapée morvandelle : une galette à base de de pommes de terre râpées. Selon les secteurs, la pâte peut-être agrémentée de fromage blanc, d'œuf et/ou de gruyère râpé.