Accueil » CARTES INTERACTIVES » Voyage en Bourgogne » Auxerre
Auxerre

Auxerre

Auxerre doit en grande partie son existence à un carrefour de voies routières et navigables.

La rivière Yonne, bénédiction pour les hommes et le commerce, fut, au cours du 1er siècle après J.C., traversée par la voie Agrippa qui reliait le bassin méditerranéen à la mer du Nord.

Depuis 1976, Auxerre a un secteur sauvegardé de 67 ha (le 2ème de Bourgogne après Dijon) ; elle a obtenu le label « Ville d'Art et d'Histoire » en 1995.

Auxerre, sous forme de simple bourgade, prit naissance au point d'élargissement définitif de la vallée de l'Yonne. L'endroit était favorable : proximité de trois fontaines et facilités pour franchir la rivière. La majeure partie de la bourgade s'étala rive gauche, dans la partie sud-ouest de la ville actuelle (quartiers Saint-Pierre, Saint-Pèlerin et du pont aujourd'hui).

Après la conquête de la Gaule, la ville romaine s'agrégea à la ville gauloise ou, ce qui n'est pas établi, s'y juxtaposa à l'ouest, jusqu'au mont Autric (place de l'arquebuse).

Du nom d'Autricum, les Romains firent celui d'Autessiodurum qu'ils donnèrent à la localité. Après avoir pris diverses formes latines, le nom évolua selon des formes françaises, parmi lesquelles Autcedre, Auceurre (XIVe siècle) et finalement, Auxerre (XVIe siècle).

Auxerre est relativement pauvre en vestiges de l'époque romaine. Il ne reste rien de la cité gallo-romaine qui posséda un temple d'Apollon, un amphithéâtre, des monuments publics et des statues.

GASTRONOMIE:

Auxerre dispose d'un patrimoine viticole réputé dans le monde entier. Outre les vignes du ″Clos de la Chaînette″, au centre de la ville, Auxerre est entouré de vignobles bourguignons parmi les plus fameux. Ils sont si célèbres, qu'on offre déjà du vin d'Auxerre aux fêtes du tournoi de Chauvency, en 1285 !

Vignoble Auxerrois: Bourgogne Côte d'Auxerre, Bourgogne Coulanges-la-Vineuse, Bourgogne Chitry, Irancy et Saint-Bris.
Vignoble de Chablis: Chablis Grand Crus, Premier Cru, Chablis, Petit Chablis
Le Clos de la Chainette, à Auxerre, est l'un des vignobles les plus anciennement attesté en France, puisque connu par les textes depuis le VIIe siècle. Propriété des moines de l'abbaye de Saint Germain jusqu'à la Révolution, il est reconnu depuis longtemps pour produire l'un des meilleurs vins de la Bourgogne. Actuellement près de six hectares sont cultivés en rouge et en blanc. Il faut attendre plusieurs années pour obtenir quelques bouteilles de vin prestigieux et rarissime. Ce vignoble est situé dans l'enclos de l'hôpital psychiatrique et certains patients participent au travail de la vigne.

Spécialités:
La gougère.
Les escargots de Bourgogne.
Le bœuf bourguignon.
Les fondues bourguignonnes.
Les truffes de Bourgogne.
Le jambon à la Chablisienne,..

HISTOIRE

La Pax romana

La présence des légions romaines assure la paix. Pendant les deux premiers siècles de l'ère chrétienne, les échanges commerciaux sont actifs. Le peuplement de la région s'accentue.

Par sa rivière et ses routes, Auxerre exporte ses vins et ses grains. La ville accède à la prospérité.

Les voies de communication se font plus nombreuses. La grande voie d'Agrippa (Rome-Bretagne) traverse Auxerre.

Auxerre à l'époque chrétienne

Vers 258, le pape envoie Pèlerin, citoyen romain de noble famille, évangéliser l'Auxerrois.

Avant de subir le martyre à Entrains (Nièvre), en 303, Pèlerin avait élevé à Auxerre une église primitive (église Saint-Pèlerin), là où existe l'église reconstruite au XVIe siècle qui lui est dédié, dans la rue qui porte son nom.

Selon la tradition, il faut voir dans le puits de Saint-Jovinien, qui existe dans le sous-sol de l'édifice, le baptistère des premiers chrétiens d'Auxerre.

Sous Dioclétien (284-305), Auxerre, détachée de la civitas de Sens, fut érigée en chef-lieu de civitas, circonscription administrative soumise à l'autorité administrative d'un comte. Cependant il est incertain qu'Auxerre ait été érigé en diocèse avant l'édit de Milan (313), instituant la liberté des cultes.

Le premier évêque résident est saint Amatre. C'est le signe que les chrétiens sont suffisamment nombreux pour avoir besoin de les encadrer. La présence chrétienne à Auxerre est donc relativement précoce.

Du Bas-Empire au Moyen Âge
Le Castrum

À la fin du IVe siècle, Auxerre se relève à peine de l'incendie et du pillage que les Alamans et les Francs lui avaient fait subir en 275-276, que de fortes menaces se précisent aux frontières de l'Empire où s'agitent des peuplades barbares attentives à la décadence romaine.

Conscients de la menace d'un plus grand danger, les habitants s'emploient alors à édifier des fortifications derrière lesquelles ils seraient alors à l'abri des incursions.

Ils choisissent pour emplacement de défense l'élévation de terrain que domine aujourd'hui la cathédrale, surplombant l'Yonne, défense naturelle (4 ha ; celles de Paris ne faisaient que 9 ha). Les limites sont la rue des boucheries et la rue Lebeuf.

Dans cet enclos s'élevait la résidence des comtes, protégée par cinq tours. La base de la tour Saint-Alban et le soubassement de celle de l'Horloge sont les seuls restes que l'on puisse apercevoir de cette enceinte restée visible jusqu'au XVIIe siècle.

La solidité des murailles assura l'intégrité de la ville pendant les grandes invasions germaniques de 407. Elle semble ne pas avoir échappé au saccage des Huns en 451, dont les dévastations la privent d'évêque pendant dix ans. Les territoires passent alors sous le commandement militaire des comtes. Les évêques partageant leur activité entre les préoccupations guerrières et l'organisation de leur diocèse.

Auxerre, ville monastique

Cette période (IVe et Ve siècles) est marquée par les évêques saint Amatre et surtout par saint Germain, qui fait à l'église d'Auxerre d'importantes libéralités. Le nom de Germain ne cesse donc de grandir après sa mort. La légende vient entourer son nom de merveilleux. Clothilde (l'épouse de Clovis) substitue à l'oratoire où Germain avait choisi de reposer, une basilique qu'elle lui dédie. Ces pieuses dispositions sont à l'origine de l'abbaye de Saint-Germain dont l'époque carolingienne va consacrer la puissance et le rayonnement (centre intellectuel éminent au IXe siècle où l'enseignement bénédictin qu'y dispensent les clercs atteint une grande réputation dans toute l'Europe).

Pendant les trois siècles troublés qui suivent, l'église d'Auxerre, à la main de ses évêques, va faire du monachisme la base de la floraison spirituelle et artistique dont le Moyen Âge consacrera l'épanouissement.

En effet, les rivalités guerrières, l'insécurité généralisée, l'esprit de corruption, la faiblesse mérovingienne ouvrent, au VIe siècle, une ère de dérèglements et d'anarchie où sombrent les idées d'humanisme et de religion. Charles Martel s'empare des richesses de l'église et confisque l'Auxerrois et ce n'est qu'au IXe siècle que l'évêque d'Auxerre recouvrera la souveraineté qu'il a perdue sur les établissements religieux de la ville.

Mais, entre temps, l'épiscopat auxerrois n'a pas négligé sa mission. Dès le VIe siècle, Auxerre possédait huit églises : Saint-Germain, Saint-Pierre, qui, reconstruites, sont parvenues jusqu'à nous ; saint Amatre, Saint-Martin dont il subsiste quelques vestiges de la reconstruction ; Saint-Valérien et Saint-Julien, disparues.

Le VIIe siècle voit s'élever, hors de l'enceinte, de nouveaux monastères. Vers 634, l'évêque Pallade transfère le monastère de Saint-Julien qui s'enorgueillira, plus tard, de trois basiliques juxtaposées et de deux oratoires. Il fonde aussi Saint-Eusèbe, qu'il peuple de religieux. Vigile, son successeur, fait édifier l'église disparue de Notre-Dame-la-d'Hors (hors les murs) qu'il destine à sa sépulture. Il appartient à l'évêque Humbaud, au IXe siècle, de parachever l'œuvre de ses prédécesseurs en fondant les monastères de Saint-Marien, de Saint-Père, de Saint-Gervais et des Îles.

L'étendue de la ville monastique coïncide, alors, avec celle de la ville actuelle telle que la délimite sa ceinture de boulevards intérieurs. Une première urbanisation se dessine, les communautés religieuses attirant peu à peu une population de marchands, d'artisans, d'habitants. Faisant leur apparition à l'époque carolingienne, les paroisses, à leur tour, viennent se superposer aux domaines monastiques.

Le Moyen Âge
Des temps difficiles
Les invasions normandes ont épuisé le pays. Abbés et prélats ont ceint l'épée. En 912, saint Géran, évêque d'Auxerre, défait les Normands à Saint-Florentin.

L'Auxerrois et le Sénonais sont réunis à la Bourgogne de Boson et de Richard le Justicier. En 1015, le traité d'Hery attribue la Bourgogne au roi Robert II, et soumet l'Auxerrois à la double souveraineté du comte-évêque Hugues de Chalon et du comte Otte-Guillaume, divise le comté en trois baronnies.

Outre la famine qui règne vers l'an 1030, Auxerre subit deux grands incendies. Seule l'église de Saint-Alban martyr, que saint Germain avait bâtie dans le haut de la cité, réchappe au premier incendie : la cathédrale est réduite en cendres. L'évêque Hugues, au lieu de la rebâtir de moellons, comme auparavant, en jette les fondements sur le roc avec des pierres de taille ; il demande une enceinte d'une plus grande étendue, et il y fait faire les grottes ou cryptes telles qu'on les voit encore aujourd'hui sous le sanctuaire et sous la moitié du chœur. L'ouvrage était déjà bien avancé, lorsqu'il arriva un second incendie ; mais l'église fut indemne, et le feu ne toucha que quelques maisons.

1039 voit renaître les guerres de Bourgogne. L'évêque devient indépendant du comte Renaud sur arbitrage de saint Bernard, et suzerain d'une partie de la ville.

L'enceinte du XIIe siècle
Les différends qu'il soutient, notamment en 1166 contre le comte de Chalon, incitent le comte Guillaume III à protéger les faubourgs de la ville. Vers 1171, une deuxième enceinte fortifiée est hâtivement construite (sur 4 km), appuyée à la rive gauche de l'Yonne, comme la première, mais englobant largement abbayes et monastères. La figure de boulevards, aujourd'hui séparative des villes anciennes et modernes, en figure exactement le tracé.

Le fait que la ville ait pu se satisfaire de ses limites médiévales pendant près de six siècles est caractéristique de l'absence de vigueur de l'économie rurale confinée qui était celle de la région.

En 1183, l'évêque de la ville, Hugues de Noyers, prend la tête de la répression armée du mouvement égalitaire des Capuchonnés.

La réunion au domaine royal
Il revient à Pierre de Courtenay, le plus illustre des comtes d'Auxerre, cousin germain de Philippe Auguste, d'achever la deuxième enceinte de la ville. À peine élu au trône de Constantinople, il meurt en 1218.

Sa fille, Mathilde, attache son nom à l'octroi des franchises communales. L'une des filles de Mathilde, par mariage, fait passer le comté d'Auxerre de la famille des Courtenay à celle des Chalon.

Lors de la guerre de Cent Ans, en janvier 1358, Anglais et routiers attaquent Auxerre et s'emparent de la ville par surprise le 10 mars 1358, la mettant en pillage. En 1348 et 1361, la peste noire ajoute ses ravages aux excès de brigandage.

Le vieux comte Jean III d'Armagnac vend le comté au roi Charles V, par acte du 25 janvier 1370, moyennant 30 000 francs d'or. Par cette première réunion à la couronne, les Auxerrois deviennent bourgeois du roi. Mais la guerre des Armagnacs et des Bouguignons survenant, Auxerre prend le parti du duc de Bourgogne, Jean sans Peur. Une paix, plus ostentatoire que sincère, est signée à Auxerre le 22 juillet 1412. C'est Louis XI qui obtient la cession du comté d'Auxerre, cession régularisée en 1490. Entre-temps, les Auxerrois font leur soumission au roi, et Charles le Téméraire périt à Nancy en 1477. Le rattachement du comté d'Auxerre à la France est devenu cette fois définitif.

Les temps modernes

Église Saint-Pierre: L'art de la Renaissance
La guerre passe les Alpes. Avec éblouissement, les nobles découvrent l'Italie d'où ils rapportent une conception nouvelle de la vie et, choc décisif, une idée de l'art.

Villes et campagnes pansent alors leurs plaies. On relève partout les églises. Auxerre, pour son alimentation, dérive les abondantes eaux de Vallan (1495). On y achève la cathédrale.

L'imprimerie est florissante (surtout à Joigny) et l'évêque Jean III Baillet fait exécuter les tapisseries fameuses de l'invention des reliques de saint Étienne dont il orne la cathédrale.

Mais c'est sûrement le portail de l'évêché qui est considéré comme le plus intéressant des monuments auxerrois de la Renaissance. Il est l'œuvre de François II de Dinteville que des missions en Italie avaient familiarisé avec l'art nouveau. Il faut aussi ajouter la reconstruction de l'église Saint-Pierre et de la porte de la même abbaye, ouvrant sur la rue Joubert avec sa belle arcade Renaissance.

N'oublions pas le style des hôtels privés auxerrois du XVIe siècle qui est celui de la seconde période de la Renaissance : l'hôtel de Crole, l'hôtel Amyot ou encore l'hôtel du Cerf-Volant, qui passe pour être le plus ancien édifice civil d'Auxerre (XIVe ‑ XVe siècles).

L'urbanisation du XVIe siècle
La fin des guerres de France-Bourgogne a apporté à l'Auxerrois une ère de sécurité et de prospérité au cours de laquelle le chef-lieu va se façonner au monde moderne. L'affranchissement fait de rapide progrès dans les campagnes, le commerce est actif. Auxerre s'enrichit de l'exportation de ses vins. L'aisance grandit parmi les vignerons, les voituriers par eau, et les propriétaires.

Dès le début du siècle, le développement de la construction entraine le recul des clos monastiques au profit des lotissements. Les règlements de voirie font leur apparition. Le réseau des voies urbaines prend peu à peu la physionomie qu'il conservera jusqu'à l'époque contemporaine.

Dotée d'un maire par Charles IX, la municipalité se consacre aux tâches d'édilité, construit ou reconstruit les bâtiments publics (hôtel de ville, pont, horloge, palais de Justice, hôpital de la Maladière...).

Les guerres religieuses et civiles
La seconde moitié du XVIe siècle ramène les troubles. Les idées issues de la Réforme ont pénétré dans l'Auxerrois par l'Yonne et la Loire.

L'édit de 1562 interdit le culte protestant dans les villes. Les protestants auxerrois se retrouvent alors à Cravant (20 km). Aidés par le gouverneur, ils s'emparent de la ville le 27 septembre 1567. Ils s'y livrent incontinent au pillage et à la dévastation des églises.

Les catholiques récupèrent la ville l'année suivante et massacrent environ 150 réformés. Mais les querelles des princes viennent s'ajouter aux passions locales. La majorité des habitants d'Auxerre se déclare pour la Ligue contre le roi. Il faudra l'abjuration d'Henri IV et surtout la présence des troupes royales aux portes d'Auxerre pour que la ville, le 19 avril 1594, fasse sa soumission à Henri IV.

L'Ancien Régime
Deux siècles (XVIIe-XVIIIe) encore mouvementés
Les abus de la fiscalité, les intempéries, la peste et la réapparition de la lèpre, avaient éprouvé les Auxerrois depuis le début du siècle. D'inspiration médiocre, la municipalité s'épuisait en procès multipliés.

Les troubles armés réapparaissent avec la Fronde. Auxerre tient pour le roi et résiste à l'assaut de Condé. Mais le va-et-vient des troupes des deux partis, le brigandage, laissent le pays ravagé. Économiquement, le XVIIIe siècle sera décevant. Lors de la famine de 1709, on dénombre à Auxerre 3 000 pauvres. Aussi la fin du siècle accusera-t-elle un sérieux recul démographique.

Cependant vers 1750, le pouvoir se préoccupe de l'extension et de la restauration des voies de communication dont l'état est lamentable. L'éclairage public fait une timide apparition en 1788 avec deux lanternes. Aussi l'aménagement des anciennes fortifications en promenades publiques débute en 1732.

Auxerre, bastion du Jansénisme
La grande querelle des théologiens sur la prédestination et la grâce, après avoir opposé les catholiques aux protestants, vient à diviser les catholiques eux-mêmes. Fidèle aux idées de Port-Royal, Mgr de Caylus, évêque d'Auxerre, entraîne avec lui la majorité de son clergé.

Le diocèse d'Auxerre, « refuge des pécheurs », accueille les prêtres persécutés, s'attire les foudres du gouvernement pour son action clandestine. Les séquelles du jansénisme marqueront durablement l'Auxerrois. L'ostracisme contre les prêtres jansénistes, la défiance des populations contre leurs successeurs, la pénurie de prêtres après la Révolution, favoriseront, jusqu'à la Restauration, le développement d'un « culte laïcal » déchristianisateur et d'un anticléricalisme qui ne faiblira qu'au XXe siècle.

De la Révolution à l'époque contemporaine
La Révolution
La convocation des États généraux, l'élection des députés du Tiers (23 mars 1789), se font, à Auxerre, dans l'enthousiasme. En 1790, le découpage administratif du pays entraîne la laborieuse création du département de l'Yonne. Peu après, le diocèse d'Auxerre est supprimé.

L'histoire révolutionnaire auxerroise sut éviter d'être sanglante. Si l'on excepte le meurtre accidentel de deux gardes nationaux en 1792. Les passions, sans doute, ne donnèrent le cours qu'elles eurent ailleurs : incarcérations, persécution du clergé, fermeture, démolition des églises (Saint-Loup, N.D.-la-d'Hors, Saint-Regnobert...), leur affectation au culte révolutionnaire, aux clubs, à des services publics. Sur l'air de Jean de Nivelle, les Auxerrois ont popularisé la figure pittoresque et agitée de Guillaume Roussel (le fameux Cadet Roussel), Auxerrois d'adoption, que ses attitudes dans les manifestations et cortèges révolutionnaires avaient rendu célèbre.

L'empire et ses héros
L'invasion de 1814 amène les Autrichiens à Auxerre, reprise par les troupes françaises, occupée à nouveau après les adieux de Fontainebleau. Retour de l'île d'Elbe, Napoléon arrive à Auxerre le 17 mars 1815, loge deux jours à la préfecture et passe en revue les troupes venues se joindre à lui.

Enfant d'Auxerrois, né à Annoux, écolier du collège d'Auxerre, volontaire de 1792, Davout fut l'un des meilleurs lieutenants de Napoléon (statue Davout érigée sur les promenades). La ville a montré de nombreuses sympathies bonapartistes pendant plusieurs décennies. La célébrité du capitaine Jean-Roch Coignet y a sans doute été pour beaucoup. Natif de l'Yonne, Coignet fut aussi un véritable héros des guerres de l'Empire (il meurt en 1860).

Dernières notes d'histoire: L'histoire d'Auxerre se poursuit, au XIXe siècle, à l'unisson de l'histoire nationale.

En 1838, la ville est l'une des deux seules villes de garnison du département avec Joigny. Elle héberge la 15e Compagnie de fusiliers vétérans[8].

En 1848, la ville se tient au bord des manifestations séditieuses. L'opinion républicaine libérale et socialiste a de vigoureuses racines dans la région. La répression politique de 1852 y sera sévère.

Entre temps, la ville a fait toilette. On pousse au pavage des rues et l'aménagement des promenades s'achève. En 1866, Napoléon III est accueilli en visiteur à l'occasion d'un concours agricole régional. À la charnière des siècles, les promenades publiques vont se garnir de vastes demeures agrémentées de parcs et de jardins.

Les guerres apportent à Auxerre leurs émotions et leurs deuils. Le 21 décembre 1870, le drapeau blanc est hissé au sommet de la cathédrale après un bombardement. Les bombardements allemands de 1940 entraînent la destruction d'une partie du quartier du Pont. En août 1944, la ville est libérée par les troupes du maréchal Leclerc. Deux monuments commémorent les morts et victimes de ces périodes néfastes (place de l'arquebuse et place Saint-Amatre).

CULTURE et PATRIMOINE:

La ville a reçu le label Ville d'Art et d'Histoire  en 1995. Son centre historique est classé comme secteur sauvegardé en quasi-totalité (67 hectares). Il comporte de très nombreuses maisons du Moyen Âge - notamment dans les quartiers les plus proches de l'Yonne, qui sont les plus anciens, de la Renaissance ainsi qu'un grand nombre de remarquables hôtels particuliers des XVIIIe et XVIIIe siècle (vers l'église Saint-Eusèbe).

Patrimoine religieux:

Abbaye Saint-Germain, Cathédrale Saint-Étienne, datant de l'an 800, elle se présente comme une salle divisée en trois nefs, séparées par deux rangées de colonnes qui portent la voûte en architrave en chêne. L'extrémité de la nef centrale s'ouvre sur la Confession, elle-même entourée d'un couloir qui débouche dans les collatéraux. L'ensemble fut augmenté entre 841 et 854 par des cryptes latérales prolongées vers l'est et réunies par un couloir, par lequel on accédait à la rotonde qui avait également un étage au niveau de l'église. En 1277 on commença la construction de l'église dont certains détails sont copiés sur la cathédrale.
Église Saint-Eusèbe, dont la plus ancienne fondation remonte au VIIe siècle, reflète le travail au fil des siècles. La nef, remaniée au XIIIe siècle, s'appuie à une tour romane, similaire à celle de l'abbaye Saint-Germain. Elle précède un chœur reconstruit au XVIe siècle, plus haut que la nef, illuminé par de beaux vitraux. Elle possède également un très beau clocher roman du XIIe siècle
Église Saint-Pierre
Chapelle des Visitandines
Chapelle du couvent des Ursulines
Chapelle du seminaire
Musées
Musée Saint-Germain au cœur de l'abbaye.
Musée Leblanc-Duvernoy, maison familiale réhabilité en musée.

Auxerre : Tour de l'Horloge

Auxerre est récompensée par la distinction Grand Prix et quatre fleurs au concours des villes et villages fleuris.

Les jardins de l'abbaye Saint-Germain : autrefois, lieu de méditation et de repos dans l'ancienne abbaye, ancien verger et potager. Les jardins balisent désormais l'entrée du musée. La présence d'une terrasse permet des animations d'été où le public découvre l'art de la botanique.
Les Promenades : C'est sous la pression des Auxerrois frustrés de ne pas pouvoir accéder au jardin du Chevalier de l'Arquebuse qu'est crée ce « boulevard vert » en lieu et place des anciennes fortifications du centre-ville. Rangées de parterres fleuris, de pelouses et de tilleuls, les Promenades offrent également un jardin à la française sur le site de l'Arquebuse.
Jardin du Muséum : sur le site du Muséum d'Histoire naturelle de la ville d'Auxerre est créé un magnifique jardin à la française aux espèces aussi superbes qu'exotiques. Situé sur les boulevards périphériques du centre-ville, le jardin du muséum offre au public de nombreuses animations et expositions.
Parc des Maréchaux : parc privé situé dans un hôtel proche du Muséum, son nom est tiré de l'avenue Foch sur laquelle il est installé.
Square Leblanc-Duvernoy : square situé dans l'hyper-centre d'Auxerre, le square Leblanc-Duvernoy est un corridor vert qui mène au musée de la Faïence.
Arboretum Darnus-Rantheaume : grand de 3ha, ce magnifique espace de nature offre à deux pas du centre-ville, une flore magnifique et variée ainsi qu'un espace de jeux et de détente pour le public.
Les Plaines de l'Yonne : promenade de plus d'1,5 km allant de l'Île aux Plaisirs jusqu'au site d'Auxerrexpo, cette promenade offre au visiteur une faune et une flore riche le long de la rivière.
Le chemin de Halage : autrefois, les chevaux tiraient les péniches. Désormais, ce chemin qui longe l'Yonne et le canal du Nivernais est un merveilleux endroit envahi par les joggers, les promeneurs, les vététistes. À partir du parc de l'Arbre-Sec, on peut longer la rivière jusqu'au département de la Nièvre, 60 km plus au sud.
Parc de l'Arbre-Sec : plus grand espace vert de la ville, le parc de l'Arbre-Sec est « le » poumon vert de la ville. Situé au bord de l'Yonne, on y accède par une allée de platanes. Outre ses espaces de loisirs, l'Arbre-Sec contient plus de 300 arbres et 28 000 plantes.
Le square de Roscoff : Sur l'emplacement d'un ancien monastère, le square de Roscoff est bordé par l'Yonne. Situé sur la rive droite, il offre sans doute l'une des plus belles vues sur les monuments d'Auxerre. On y accède depuis le quartier de « La Marine » par une passerelle. Le square Roscoff est le lieu qui accueille les manifestations du 14 juillet autour du port de plaisance.
Coulée verte : Une promenade sur un chemin naturel préservé où la flore est très riche et la vue imprenable, chemin d'agrément de 4 km qui emprunte l'ancienne ligne de chemin de fer Auxerre-Gien et qui va de la gare SNCF à la route de Toucy. À terme il fera le tour de la ville, en passant derrière les Brichères, les quartiers Sainte-Geneviève et Saint-Siméon, avant de redescendre le long des quais de l'Yonne, côté rive droite, et rejoindre la gare SNCF. La Coulée verte traversera également les Îles du Moulin du Président, un vrai parc naturel de quatre hectares que la Ville vient d'acquérir. Une fois terminée, c'est une promenade de 15 kilomètres qui s'offrira aux Auxerrois, soit quatre heures de marche en pleine nature, à deux pas de chez eux.
Campagne auxerroise : À quelques kilomètres de la ville, la campagne auxerroise offre de multiples paysages naturels, des vignobles du Chablisien en passant par les berges de l'Yonne à Vaux, de la forêt de Branches aux plaines céréalières.
Autres curiosités.
Le centre-ville est jalonné de sculptures en bois peint de l'artiste François Brochet. L'une d'elles représente la poétesse auxerroise Marie Noël. D'autres représentent des scènes inspirées d'œuvres de l'écrivain Restif de la Bretonne, originaire des environs. Malheureusement, ces œuvres sont régulièrement victimes de dégradation de quelques indélicats et les originaux ont du être remplacés. À noter aussi la présence d'une fontaine surmontée d'une statue de Cadet Roussel, personnage originaire d'Auxerre.
Le Centre offre au visiteur une multitude de rues à l'aspect et à l'architecture qui rappellent ceux de la ville au Moyen Âge. La Tour de l'Horloge présente un modèle superbe à deux faces (dont l'une est une copie d'après original) du XVe siècle aux belles couleurs rosées et dorées.